Les répliques
Pauvreté en France : état des lieux

30/11/2018

En 2018, la France compte entre 6 et 9 millions de pauvres. Entre 2007 et 2017, le nombre de personnes concernées a augmenté de 630 000 personnes au seuil à 50 % et de 820 000 au seuil à 60 %. Principalement sous l’effet de la progression du chômage et des inégalités sociales.

Pauvreté en France : état des lieux

Selon les dernières données de l'Insee, la France (censée être la 5ème puissance mondiale) compterait six millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,8 millions si l’on utilise le seuil à 60 %.

Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 8,0 % et dans le second de 14,0 %. Au cours des dix dernières années (2008-2018), le nombre de pauvres a augmenté de 650 000 au seuil à 50 % et de 820 000 au seuil à 60 %. Le taux de pauvreté s’est élevé de 0,7 point au seuil à 50 % et à 60 %.

La pauvreté a sensiblement augmenté à partir de 2008 avec l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise financière de subprimes venue des Etats-Unis.

Entre 2008 et 2012, le nombre de pauvres a augmenté de près de 800 000. Le taux de pauvreté à 50 % s’est élevé de 7,4 à 8,5 %, celui à 60 % de 13,2 à 14,2 %.

Et depuis 2012, le taux et le nombre de pauvres stagnent. Mais cette stagnation est trompeuse, car elle résulte de l’extension de la crise aux couches moyennes. Le niveau de vie médian de 2016 est du niveau de 2011. Or le seuil de pauvreté est calculé en fonction du niveau de vie médian.

Pour comprendre l’évolution de la pauvreté, il faut élargir l’angle de vue. Le nombre de pauvres a baissé dans les années 1970 et au début des années 1980, notamment à cause de l’amélioration de la situation des personnes âgées.

Au seuil de pauvreté fixé à la moitié du revenu médian, le taux de pauvreté a diminué de 12 % à 7 % entre 1970 et 1990. Le nombre de pauvres s’est réduit de 5,8 à 3,8 millions. Alors même que depuis les années 1970, le seuil de pauvreté a été multiplié par deux même une fois l’inflation déduite.

Concrètement, en 1970 on était considéré comme pauvre si l’on vivait avec l’équivalent de 400 euros d’aujourd’hui (au seuil à 50 %), contre plus de 800 euros en 2016. Il faut toujours garder en tête que la pauvreté est mesurée de manière relative au niveau de vie médian.

Quand la pauvreté se réduit, cela signifie que les plus démunis se rapprochent, du point de vue des niveaux de vie, des couches moyennes. Autrement dit, les inégalités se sont réduites « par le bas ».


Ce n’est plus le cas depuis le milieu des années 1990. Les taux de pauvreté ont commencé à remonter au début des années 1990 avec la crise économique de 1993 et celle du début des années 2000.

Cette évolution de longue période résulte de la progression du nombre de familles monoparentales aux faibles revenus. Mais, depuis les années 2000, elle est surtout le fait d’une croissance qui demeure faible et d’un niveau de chômage élevé de 9 à près de 11% depuis près de 20 ans.

Il ne reste plus qu’à espérer que le petit retournement auquel on assiste depuis la fin 2015 se traduise concrètement dans les chiffres de la pauvreté. Au cours de la période 2011-2016, le nombre de pauvres a baissé de 100 000 au seuil à 50 % et 200 000 au seuil à 60 % ce qui constitue une bonne nouvelle. Entre septembre 2015  point haut du nombre de foyers allocataires du RSA, à 1,8 million – et mars 2017, le nombre d’allocataires du RSA a diminué de 5 %, soit 95 000 personnes de moins en un peu plus d’un an, ce qui n’est pas négligeable même s’il a stagné depuis. Le nombre de chômeurs diminue aussi. On peut donc espérer une légère amélioration entre 2016 et 2018.

Au final, même si le nombre de pauvres a augmenté au cours des dix dernières années, nous n’assistons pas à un mouvement « d’explosion » du phénomène. La hausse amorcée au début des années 2000 a été amortie par un modèle social propre à la France.

L’effet marquant depuis les années 1990 est davantage l’arrêt du rapprochement entre les plus pauvres et les couches moyennes. Ce qui peut expliquer une partie du ressentiment des plus modestes dans ce pays.

Sources :  

http://www.observationsociete.fr/revenus/pauvrete/evolution_pauvrete.html

www.inegalites.fr/600-000-pauvres-de-plus-en-dix-ans
 
 



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