Les répliques
Le Japon va officiellement reprendre la chasse commerciale des baleines

26/12/2018

Première publication : le 22/11/2017
Mise à jour : le 26/12/2018

Le Japon n'a jamais cessé de chasser la baleine. En juin 2017, l'archipel tuaient pas moins de 177 baleines dans l'océan Pacifique, au large des côtes nord-est lors d'une mission estivale menée "à des fins scientifiques", annonçait l'Agence des pêches Japonaise. 

Les trois navires spécialisés capturaient ainsi 43 baleines de Minke et 134 rorquals boréals. La chasse à la baleine létale est "nécessaire" pour estimer le nombre de prises potentielles sur le long terme justifiait l'agence, dont le but est de "recommencer un jour la pêche commerciale".

Ce but étant atteint, l'archipel a annoncé aujourd'hui même la reprise commerciale de la chasse des baleines.


Le Japon est signataire du moratoire de la Commission baleinière internationale (CBI) sur la chasse aux baleines, mais il affirmait jusqu'à présent la pratiquer pour effectuer des recherches, non seulement près de ses côtes dans le Pacifique, mais aussi dans l'Antarctique.
 
Cette posture est dénoncée par les organisations de défense des cétacés ainsi que par plusieurs pays, qui estiment que Tokyo utilise de façon malhonnête une exception dans le moratoire datant de 1986. En 2014, la Cour internationale de Justice avait ordonné à Tokyo de mettre fin à cette chasse dans les eaux de l'Antarctique, jugeant qu'elle ne remplissait pas les critères scientifiques exigés.
 

Le Japon avait annulé sa campagne hivernale de 2014-15, pour reprendre la pêche à la baleine l'année suivante dans le cadre d'un programme modifié. L'Antarctique a été le théâtre de heurts entre baleiniers japonais et défenseurs des animaux jusqu'à ce que l'organisation écologiste Sea Shepherd annonce en août dernier qu'elle renonçait à harceler les baleiniers japonais dans le Grand Sud.
 

La Norvège qui ne se considère pas liée par le moratoire international de 1986, à laquelle elle s'est opposée et l'Islande sont les seuls pays au monde à pratiquer ouvertement la chasse commerciale. Le Japon, de son côté, tentait de prouver que la population de baleines était assez importante pour supporter une reprise de la chasse commerciale.
 
La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, pays de pêcheurs où le cétacé a été chassé pendant des siècles. Cependant, la demande des consommateurs japonais pour la chair de baleine a considérablement diminué ces dernières années ce qui, hormis pour les professionnels du secteur, rend douteux le sens des missions baleinières.

Cependant, l'archipel a annoncé aujourd'hui mercredi 26 décembre 2018, son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI) dans le but de reprendre la pêche commerciale dès juillet prochain, défiant ouvertement les défenseurs des cétacés 30 ans après y avoir mis fin, du moins officiellement. 

En réalité, les Japonais n'avaient jamais complètement cessé cette pratique : ils utilisaient en effet une faille du moratoire de 1986. Mais cette fois, ils renouent publiquement avec la pêche à des fins commerciales, rejoignant ainsi l'Islande et la Norvège.

Les critiques n'ont pas tardé : le gouvernement australien s'est dit "extrêmement déçu" exhortant l'archipel à revoir sa position. Le ministre des Affaires étrangères néo-zélandais Winston Peters a lui fustigé "une pratique dépassée et inutile".

De son l'organisation écologiste a également condamné cette  décision : "Il est clair que le gouvernement tente de faire passer cette annonce en douce à la fin de l’année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde n’est pas dupe. La décision du Japon est en décalage complet avec la communauté internationale, et fait fi de la nécessité de protéger nos océans et ces créatures majestueuses" a-t-elle réagi. 

Une "scandaleuse décision" toujours selon l'organisation :
 


 
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