Les répliques
La Ligue du LOL : cette nouvelle affaire de cyber-harcèlement ciblé

11/02/2019

Vincent Glad est journaliste pour Libération. En 2009, il décide de créer la Ligue du LOL sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook : "l'objectif n'était pas de harceler des femmes. Mais seulement de s'amuser. Mais rapidement notre manière de s'amuser était devenu très problématique et nous ne nous en rendions pas compte" explique t-il.

Au début le groupe est composé d'une quinzaine de personnes, principalement des hommes blancs journalistes débutant dans la vie active. Rapidement le nombre a doublé passant à une trentaine de membres.


Leur cible : des femmes journalistes qui tweetaient simplement et surtout des féministes. Le harcèlement était clairement ciblé sur cette catégorie de personne. Quelques hommes ont également été victimes.

La Ligue du LOL ne supportait pas la parole féministe, la parole libérée de ces femmes entre 2009 et 2012 : "Je suis un homme, j'ai eu la réaction stupide de beaucoup d'hommes à ce moment là : mais pourquoi elles nous font chier avec leurs conneries" explique Vincent Glad.

À l'époque les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc n'existaient pas encore. Alors, les victimes avaient droit à des commentaires sexistes, racistes, rabaissants voire même menaçants et ce à longueur de journée et en toute impunité. Des victimes qui ont dû quitter les réseaux sociaux ne supportant plus ce harcèlement.

Mais certaines d'entre elles sont récemment  sorties de leur silence après une enquête réalisée par Check News révélée la semaine dernière.

L'enquête de Check News :



Les premiers témoignages de victimes sur twitter :






Depuis, de nombreux anciens harceleurs aujourd'hui en poste (certains à responsabilité) dans de grands médias tels que Libé ou Les Inrocks, ont dû précipitamment et publiquement s'excuser.

C'est tout d'abord le cas de Vincent Glag, le créateur du groupe. Mais également David Doucet actuel rédacteur en chef aux Inrocks ou Alexandre Hervaud chef du service web à Libé :
 





Une nouvelle affaire de sexisme et harcèlement de masse, tout d'abord étouffé puis révélée au grand jour, qui a choqué l'opinion publique principalement dans le milieu des médias.

Certains de leurs confrères/consoeurs journalistes et beaucoup d'internautes réclamant leur démission.

En politique, la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa a exprimé son soutien et sa solidarité aux victimes de la Ligue du LOL :



Les principaux accusés mettent cette affaire sur le compte de la jeunesse, de l'humour et parce que le harcèlement en 2009/12 ne valait pas vraiment ce qu'il vaut aujourd'hui en 2018/19.

"On nous a un peu attribué tous les malheurs d’Internet. (...) A l’époque, j’en prenais plein la gueule aussi. On se disait que c’était un grand jeu. C’était une grande cour de récré, un grand bac à sable. C’était du trolling, on trouvait ça cool. Aujourd’hui, on considérerait ça comme du harcèlement" explique Vincent Glad.

Mais "être harcelée en 2012 ou en 2018, c'est PAREIL", a répliqué la journaliste Nadia Daam sur Twitter également victime de cyber-harcèlement dans une autre affaire.

Juridiquement, le harcèlement moral est défini à l'article 222-33-2-2 du Code pénal :

"Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende", stipule le texte.


Les Répliques



Commentaires (1)
1. Mathias Poujol-Rost @PrestatairesWeb le 11/02/2019 11:55
Horreur. Dégoût. Stress. Injustice.
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