Les répliques
L'espionnage sur Facebook et Twitter pour lutter contre la fraude fiscale

12/11/2018

Le Fisc devrait "sans doute" l'an prochain expérimenter l'espionnage des comptes personnels des contribuables français sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter ou Instagram afin de "lutter contre la fraude fiscale" a annoncé hier le ministre de l'Action et des comptes publics sur M6 dans l'émission "Capital".


« Nous allons pouvoir mettre les réseaux sociaux dans une grande base de données. Il y aura la permissivité de constater que si vous vous faites prendre en photo, de nombreuses fois, avec une voiture de luxe alors que vous n’avez pas les moyens de le faire, peut-être que votre cousin ou votre copine l’a prêtée, ou peut-être pas »,  a déclaré Gérald Darmanin au micro de la chaîne.



Une surveillance qui s’effectuera sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui veillera au respect de la vie privée selon le ministre.

Gérald Darmanin note que « souvent les Français se photographient eux-mêmes sur les réseaux sociaux » et que la plupart des profils personnels sont… publics.

« On a tous connu des gens qui nous disent : 'Ce n’est pas normal, il y a des gens qui gagnent très peu leur vie et qui ont un train de vie très largement supérieur à leurs revenus'. La loi a été promulguée, nous mettrons en place cette mesure en début d’année » a t-il rajouté lors de l'émission.

Certains contribuables réfléchiront donc désormais à deux fois avant de poster leurs photos sur les réseaux sociaux. En revanche, hors de question pour un contribuable de dénoncer son voisin via les réseaux sociaux : «Je constate que, d’abord, les Français se photographient eux-mêmes.»

Mais l’annonce du ministre a aussitôt été moquée sur les réseaux en particulier Twitter, certains dénonçant une atteinte "aux données personnelles", d'autres évoquant les biens de richissimes personnalités exemptés d'impôts :





Les informations recueillies par l'administration fiscale pourront également être utilisées contre les personnes qui prétendent résider à l'étranger alors qu'au regard, notamment, du temps qu'elles passent en France, elles devraient y déclarer leur domicile fiscal.

Cette surveillance de masse instaure aussi un nouvel échange de données entre les administrations. L'objectif étant de développer l'exploration des données afin de cibler les contrôles sur les cas qui suscitent le plus de soupçons.

«Nous allons pouvoir mettre les réseaux sociaux dans une grande base de données», a enfin précisé Gérald Darmanin.

Alors que la suppression de l'ISF a été promulguée quelques mois après l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron, que les comptes offshores ont explosé dans les paradis fiscaux, que la fraude et l'évasion fiscale coûte près de 100 milliards d'euros à la France, le gouvernement n'a rien trouvé d'autre que d'espionner les réseaux sociaux des contribuables français.

Un nouveau Big Brother est En Marche. Affaire à suivre...

Les Répliques 



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